ÉCRITS

Une sélection de notes et de poèmes.

 
 

Autobiographie commune, 2018

Écrire ou ne pas écrire les fragments de chaque vie-s, les fragments de chaque geste-s, qui appartiennent à chaque individu-s. Réduits aux fragments, les actes et les événements deviennent la chaleur incarnée et la lumière invisible de notre quotidien commun.
Imaginez-vous, comprendre dans un seul instant, l’accumulation condensée du micro-événement que chaque être sensible est en train de vivre ?

 

Notes sur les idées fragmentaires, 2018

 
 
 

Notes sur la machine à écrire, 2018

 
 
 

Les êtres de survie, 2017

les etres de survie_2017.jpg
 

Le photographe rapporteur, 2017


Le photographe rapporteur : c'est un photographe qui dit tout. Dès qu'il voit, il s'exprime. Il regarde avec la curiosité d'un singe. Il aime les formes, il aime les gens, il aime le monde. Il aime tout ce que les gens aiment et détestent tout ce qu'ils détestent. Le photographe rapporteur utilise le monde pour en réaliser son double. La mise en scène, il la connaît grâce à l'écran ou l'imprimante. Seul le simulacre l'intéresse. Le singe n'apprend pas à faire les grimaces, mais il continue à en faire. C'est qu'il est toujours assez futé pour savoir amuser la galerie. Il cherche dans le miroir, ce qui (lui) est semblable.

La photographie qui s'indexe encore et toujours. Le public a besoin de cela. Il s'agit du fond de commerce de la plupart des diffuseurs et promoteurs de la photographie contemporaine. Une photographie de désert a de l'effet aujourd'hui, seulement si elle réfère à un lieu de conflit ou une zone de tension politique. Un indice est suffisant, un détail tel une route qui indique un flux migratoires, un itinéraire pour le trafic illégal ou métaphoriquement l'accès à l'un des maux de notre société contemporaine. Cependant, il semble que nous oublions de nouveau ici les acteurs de l'image, ceux qui la fabrique. Les photographes sont des individus qui ne font pas seulement qu'observer ou penser, rapporter, dire, exprimer. Il leur arrive parfois aussi de méditer, de s'amuser, de respirer et parfois même lorsqu'ils déposent l'appareil, ils mangent.

 

Les mots, 2016

Les mots sont ennuyeux comme l’absence
Les mots sont la peau morte de la parole
Les mots sont comme l’océan derrière la nuque
Les mots sont les fils qui retiennent la pensée
Les mots sont libres comme l’être
Les mots sont beaux lorsqu’ils respirent
Les mots sont forts entre deux mains
Les mots sont arrivés à destination
Les mots sont souvent inutiles
Les mots sont drôles lorsqu’ils se regardent
Les mots sont transparents dans l'apparence





Manifestation, 2016

co-auteure : Maud Buckenmeyer

 
 
 

Que reste t-il à faire ? , 2016

 
 
 

Anarchiste, 2016

 

Dolce Vita, 2015

Dolce Vita, pas de fiction s’ il n’ y a pas d’ image, pas d’ image, pas de fiction, une simple apparition pour les
airs-ences, souffles du temps, s’ envolent, éparsent la pluie, les gouttes font l’ ange et embrassent le sol,
dolce vita, la demeure est là, brève réminiscence d’ un autre au-delà.

Couleur, couleur, 2015

l'ambition de parcourir le souvenir dans la couleur;
être inondé d'une résurgence ou d'une apparition :
tracer le chemin sinueux des instants vécus
respirer l'intensité profonde de ce qui est là.

ouvrir une abîme dans la vague du temps,
comme la lune surgissante
à l'horizon des nuits sereines.

c'est du rouge,
comme la cabane en bois
dans le fond de la mémoire,
avec une fenêtre, qui ouvre l'intérieur
d'où s'absorbe la couleur.

le rouge est fort,
sa puissance est dans l'obscurité,
il s'y promène comme l'air dans la transparence.

sa caresse libère la parole
des mots qui veulent comprendre,
il y a dans cette infinité du rouge,

la douceur et la force d'une lueur
saisissant en son passage,
le feu d'une présence.

Clandestinée, 2014

CLANDESTINÉE;
penser à la destinée, pour aller là où il soit, l’ être, qui songe au lieu de la pensée,
pendant les heures vagabondes de la beauté dont il ne sait plus que regarder.

Homme-Fontaine, 2014

la scène est vide, le corps est nu
l'homme est seul
le sourire et la grimace
ses gestes écrivent dans l'invisible nuée de notre mémoire
il cherche, au sol, au loin, dans nos regards les restes d'une humanité
ô combien l'homme devra t-il se relever de ses chutes successives ?
l'homme parle et raconte une histoire
d'amour, peut-être
sa trajectoire est celle d'une pendule égarée dans l'imagination
inconsciente, que son propre corps tente de lui imposer
l'homme n'est pas libre, l'autre le regarde
il cherche ce qui lui reste d'une animalité
intérieure ou extérieure
l'homme est nu
la scène est empreinte de cette nudité
l'homme n'est plus seul
l'homme devient fontaine
jouit-il du regard de l'autre ?